Défaillance du constructeur : que faire ?

17 Mar 2025

Frédéric Orillac

Frédéric ORILLAC – Expert en bâtiment

En plein projet de construction, il peut arriver malheureusement que le constructeur responsable des travaux rencontre des difficultés. Ces problèmes peuvent se manifester sous plusieurs formes comme la défaillance financière, les malfaçons ou encore l’abandon de chantier. Dans ce contexte, il est crucial de connaître les démarches à suivre pour protéger ses intérêts et trouver des solutions viables. Cet article vous guidera à travers les différentes étapes à entreprendre en cas de défaillance du constructeur.

Identifier le type de défaillance

Malfaçons et défauts de construction

La présence de malfaçons peut sérieusement compromettre la qualité et la sécurité de votre construction. Il s’agit d’irrégularités ou d’erreurs commises qui vont à l’encontre des normes établies (NF DTU) et qui affectent la structure ou l’apparence finale du bâtiment.

Pour identifier ces malfaçons, il est recommandé de faire appel à un expert indépendant. Ce dernier pourra établir un rapport détaillé identifiant les défauts constatés. Suite à cela, vous pourrez envisager des recours contre le constructeur, qu’il soit toujours actif ou non.

Faillite et liquidation judiciaire

Une situation plus grave se présente lorsqu’un constructeur fait faillite. On parle ici de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire selon la gravité de sa situation financière. Un constructeur en redressement judiciaire bénéficie cependant d’une période pour tenter de redresser la barre avec l’accompagnement d’un administrateur judiciaire.

S’il n’y parvient pas, la liquidation judiciaire est prononcée. Dans ce cas, l’entreprise cesse ses activités et vous devez rapidement explorer vos options pour récupérer une partie de vos pertes et poursuivre la construction.

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Expert judiciaire auprès de la cour d’Appel de Toulouse et expert indépendant, Zen Expertises vous accompagne en cas de défaillance du constructeur. 

Premières actions à entreprendre

Rechercher les garanties

Avant toute chose, vérifiez les garanties incluses dans votre contrat de construction. La garantie de parfait achèvement couvre les désordres signalés lors de la première année suivant la réception des travaux. Si les dommages surviennent plus tard, vous pouvez vous référer à la garantie décennale qui couvre tous les vices cachés constatés durant les dix ans suivant la fin des travaux.

Par ailleurs, certaines constructions bénéficient d’une assurance dommage ouvrage obligatoire couvrant immédiatement les réparations nécessaires sans attendre une décision de justice sur les responsabilités. Consultez aussi la garantie de livraison à prix et délais convenus qui assure la bonne fin des travaux même en cas de défaillance du constructeur.

Contactez le garant

Dans votre contrat CCMI (Contrat de Construction de Maison Individuelle), la mention d’un garant est obligatoire. En cas de problème avec le constructeur, contactez immédiatement ce dernier. Le garant dispose de fonds prévus pour garantir l’exécution des travaux restants.

Il lui incombe alors de mandater une nouvelle entreprise pour terminer le chantier. Cette procédure permet de réduire le nombre d’interlocuteurs concernés et facilite l’avancement de votre projet.

Organiser les recours juridiques

Lettre de mise en demeure

La première étape consiste souvent à envoyer une lettre de mise en demeure au constructeur. Cette lettre doit rappeler les engagements pris contractuellement et exiger leur respect. En général, cette démarche précède toute action légale et donne souvent de bons résultats lorsque le constructeur est encore opérationnel.

Cette somme de démarches prouve également votre bonne foi et pourrait être cruciale si une résolution devant les tribunaux devenait nécessaire.

Engager une procédure judiciaire

Si le litige persiste malgré la mise en demeure, il devient indispensable de recourir à la justice. Vous pourriez alors vous tourner vers un avocat spécialisé en droit de la construction. Un juge pourra ordonner des mesures conservatoires, telles que la nomination d’un expert judiciaire. Ce type d’expertise s’avère généralement déterminant pour prouver les malfaçons ou évaluer la responsabilité du constructeur.

Cependant, il faut s’armer de patience car les procédures judiciaires peuvent prendre beaucoup de temps et générer des frais importants. En outre, la multiplication des démarches renforce votre positionnement juridique, rendant potentiellement favorable toute décision du tribunal.

Gestion de la construction inachevée

Faire appel à une nouvelle entreprise

Face à une construction inachevée due à l’abandon de chantier, il peut devenir nécessaire de faire appel à une autre entreprise pour continuer les travaux. Dans ce cadre, il est important de choisir judicieusement le nouveau prestataire, en vérifiant notamment ses antécédents financiers et professionnels.

Pensez également à solliciter plusieurs devis afin de comparer les services offerts et leurs coûts associés. Une fois le choix arrêté, veillez à sécuriser le nouvel engagement par un contrat bien défini, avec des clauses claires sur les responsabilités mutuelles.

Suivi rigoureux des travaux

Assurez-vous de suivre de près l’évolution des nouveaux travaux effectués. Des contrôles réguliers permettent de prévenir d’éventuelles nouvelles malfaçons et de garantir le respect des délais. N’hésitez pas à faire appel à un maître d’œuvre ou à un architecte pour superviser cette phase critique.

Insistez également sur la documentation continue des progrès. Les photos, rapports d’inspection et autres preuves écrites seront essentielles si des questions ou nouveaux litiges surgissent plus tard.

Les assurances indispensables

Lorsqu’un constructeur fait face à des difficultés, les assurances prennent une importance capitale. Plusieurs types d’assurances sont utiles pour pallier les défaillances éventuelles du constructeur.

  • Assurance dommage ouvrage : Elle permet un remboursement rapide des réparations nécessaires suite aux dommages impactant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination, sans attente de recherche préalable de responsabilité.
  • Garantie décennale : Obligatoire pour chaque constructeur, elle couvre tous les sinistres affectant l’ouvrage construit pendant une durée de dix ans après achèvement des travaux.
  • Garantie de parfait achèvement : Couvre toutes les anomalies notifiées par le maître d’ouvrage lors de la première année suivant la réception des travaux.
  • Garantie de livraison à prix et délais convenus : Protège l’acheteur en cas de dérive financière ou de retard dans la livraison grâce à l’intervention d’un garant financier.

Inclure toutes les parties prenantes

Pendant toute la phase de gestion de crise, maintenez une communication claire et périodique avec toutes les parties prenantes : garants, assurances, fournisseurs et tout nouvel intervenant. Cela permet non seulement de maintenir le cap, mais aussi de s’assurer que chacun respecte bien ses obligations.

Documentez soigneusement chaque interaction et rendez compte régulièrement de l’avancement du projet, cela engage chacun sur ses responsabilités et protège vos droits en cas de litige futur.

En cas de défaillance du constructeur, réagir promptement et méthodiquement est crucial pour minimiser les impacts sur votre projet de construction. En identifiant correctement le type de défaillance, en activant les garanties nécessaires et en suivant un plan d’action juridique précis, il est possible de naviguer à travers ces turbulences avec succès. Il est toujours essentiel de rester vigilant et informé tout au long du processus pour garantir la continuité et la qualité de votre projet immobilier.

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Mr ORILLAC Frédéric – SAS Zen Expertises

  • Expert Judiciaire auprès de la Cour d’Appel de Toulouse
  • Expert Cour Administrative d’Appel de Toulouse
  • Membre de la Compagnie des Experts de justice de Toulouse
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